Médicament pour dormir: Pourquoi ne pas dépasser 4 semaines si vous en prenez?

Vous pensez prendre, ou peut-être prenez vous déjà un médicament pour dormir? Découvrez ici l’alerte du Ministère de la Santé et de la Haute Autorité de Santé, pour éviter les risques au-delà de 4 semaines.

Découvrez aussi les recommandations et alternatives pour trouver le sommeil et bien dormir, enfin.

 

insomnie traitementDans cet article, vous allez en savoir plus sur:

1 La durée de traitement préconisée par la Haute Autorité de Santé (« usage non recommandé au-delà »), pour tout médicament pour dormir. 

Ceci est un rappel de l’article intitulé « Un somnifère puissant, au-delà de 28 jours? Ne cherchez plus, cela n’existe pas ». Pour lire cet article: Cliquez ici.

2- L’alerte publiée par le Ministère de la Santé en Juin 2016, concernant la surconsommation, les effets indésirables et de dépendance des somnifères à base de benzodiazépines ou apparentés.

3- La liste des effets secondaires, dont le risque de démence de type Alzheimer (récentes études scientifiques à l’appui).

4- Les effets rapportés lors de l’arrêt de ces somnifères (symptômes de sevrage), selon la publication de la Haute Autorité de Santé.

5La liste des somnifères à base de benzodiazépines et médicaments apparentés en France: les identifier, pour mieux gérer!

 

1. Médicament pour dormir: existe-t-il une durée de traitement à ne pas dépasser? La réponse est oui:

Dans l’article intitulé « Un somnifère puissant, au-delà de 28 jours? Ne cherchez plus, cela n’existe pas » vous avez notamment été alerté sur la durée de traitement préconisée, pour l’insomnie par la Haute Autorité de Santé:

Concernant tout médicament pour dormir à base de benzodiazépines et apparentés:

« Quelques jours à 4 semaines, y compris la période de réduction de posologie. »

insomnie traitement« Le but est de réduire les prescriptions au long cours des benzodiazépines et médicaments apparentés dans l’anxiété et l’insomnie du fait d’un rapport bénéfice/risque défavorable« , précise toujours la Haute Autorité de Santé dans un rapport publié en Juin 2015.

 

Concernant tout médicament pour dormir:

« La prescription d’hypnotiques devrait être envisagée seulement en cas d’échec des thérapies non médicamenteuses et pour une courte période », « usage non recommandé au-delà de 4 semaines ».

 

2. L’alerte du Ministère de la Santé, publiée le 13 Juin 2016:

Cette alerte concerne tous les médicaments – et , en particulier, tout médicament pour dormir – à base de benzodiazépines et apparentés. Face à une situation de surconsommation en France.

Alerte à la surconsommation:

Effectivement « la consommation des benzodiazépines reste à un niveau très élevé en France : plus d’un français sur quatre a pris en effet au moins une benzodiazépine dans l’année », constate le Ministère de la Santé dans sa note publiée le 13 Juin 2016.

Deux facteurs peuvent expliquer l’importance de cette consommation, toujours selon le Ministère de la Santé:

  • « D’une part l’efficacité de ces médicaments qui apportent un réel soulagement au patient dès le début du traitement,
  • et, d’autre part, la dépendance psychique et physique qu’ils entraînent, rendant leur arrêt difficile. Le patient est alors « pris au piège » de son traitement. »

 

médicament pour dormirAlerte concernant la durée du traitement et les effets indésirables:

« Peu de personnes savent que les benzodiazépines ne sont efficaces que sur de courtes durées (4 semaines pour les benzodiazépines hypnotiques [somnifères] et 3 mois pour les benzodiazépines anxiolytiques).

Au-delà, leur efficacité disparaît laissant place aux effets indésirables […] et à la dépendance. »

« L’utilisation de ces médicaments est grandement inappropriée puisque trop longue, avec une tendance à la chronicisation des traitements ».

Vaste programme d’action:

C’est pourquoi, « compte tenu de la sur-consommation des benzodiazépines et de leurs effets indésirables, la Direction Générale de la Santé a engagé un vaste programme d’actions qu’elle a mis en place en concertation avec ses partenaires:

l’Agence Nationale de Sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), la Haute Autorité de Santé (HAS), la direction de la sécurité sociale (DSS) …

Mais la réussite d’une telle entreprise repose sur l’adhésion de tous, en fournissant à chacun les outils nécessaires, comme par exemple l’aide au sevrage, une proportion importante de patients utilisant ces produits en continu sur plusieurs années.

Diminution drastique du taux de remboursement:

La Commission de la transparence (CT) de la HAS vient d’achever la réévaluation du service médical rendu (SMR) des benzodiazépines hypnotiques [somnifères].

C’est ainsi que dans son avis du 25 juin 2014, la Commission a conclu à un intérêt thérapeutique limité de ces médicaments. Aussi a-t-elle dégradé le service médical rendu (SMR) d’important à faible ce qui aura pour conséquence une diminution du taux de remboursement de 65% à 15%. »

 

3. Risque de démence de type Alzheimer et autres effets secondaires reconnus. En voici la liste:

 

Le Risque de démence de type maladie d’Alzheimer a été mis en évidence scientifiquement par plusieurs études.

Découvrez en particulier les conclusions de cette étude, publiée le 27 Septembre 2012:

 

A la tête, une équipe de recherche composée de Professeurs et chercheurs appartenant à différentes institutions reconnues, en France et aux Etats-Unis:

Il s’agit, d’une part, des Centres Hospitalo-Universitaires (CHU) de Bordeaux, France, d’autre part de la Division de Médecine Préventive de l’Hôpital de Boston, USA, et enfin de l’INSERM (Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale).

Quant au résultat, cette étude a conclu à l’existence d’une association forte* entre la prise de benzodiazépines et donc, en particulier, de somnifères à base de benzodiazépines et le risque de démence.

« Etant donné le nombre élevé de prescriptions de benzodiazépines et le nombre tout aussi important d’effets potentiellement néfastes de ces médicaments dans la population générale, une mise en garde devrait être faite contre une consommation généralisée et faite sans discernement « , concluent les scientifiques.

*Augmentation du risque de démence de 50% approximativement.

 

medicament pour dormirEt voici la liste des effets secondaires reconnus et figurant dans le Résumé des Caractéristiques du Produit de l’AMM, Autorisation de Mise sur le Marché:

 

-Troubles de la mémoire, avec amnésie antérograde (perte de la mémoire des faits récents) qui augmente proportionnellement avec la dose.

-Altération des fonctions psychomotrices pouvant survenir dans les heures suivant la prise.

-Syndrome associant, à des degrés divers, des troubles du comportement et une altération de l’état de conscience:

Peuvent être ainsi observés les effets suivants : aggravation de l’insomnie, cauchemars, agitation, nervosité, idées délirantes, hallucinations, état confuso-onirique, symptômes de type psychotique, désinhibition avec impulsivité, euphorie, irritabilité.

-Une tolérance caractérisée par une diminution progressive de l’effet thérapeutique pour une même dose administrée pendant plusieurs semaines. La tolérance peut conduire à une augmentation des doses pour obtenir l’effet recherché.

 

 

insomnie traitementDe plus, dans une publication du 17 Mai 2016, l’INSERM, Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale, ajoute les effets indésirables suivants:

 

« Troubles de la vigilance, allant de la simple somnolence à la sédation profonde, avec notamment un risque accru de chute chez les personnes âgées. Ces médicaments peuvent également conduire à la survenue d’une détresse respiratoire qui se manifeste par une impossibilité de respirer normalement. »

 

Par ailleurs, une étude commandée par le gouvernement britannique en 2006 (« Drugs: The real deal », publiée dans le journal The Independent, le 01/08/2006), a classé les benzodiazépines au septième rang des drogues les plus dangereuses.

 

4. L’arrêt des somnifères à base de benzodiazépines et apparentés : les symptômes de sevrage répertoriés par la Haute Autorité de Santé:

 

Dans cette même publication du 17 Mai 2016, l’INSERM, Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale, met en garde:

« Les benzodiazépines sont des médicaments psychotropes qui agissent au niveau du cerveau et possèdent notamment des propriétés anxiolytiques et hypnotiques [somnifères]. »

insomnie traitement

« Ces médicaments font l’objet d’une surveillance renforcée car leur usage prolongé expose à un risque de tolérance pharmacologique, ainsi qu’à celui de dépendance psychique et physique pouvant se manifester par un syndrome de sevrage à l’arrêt du traitement. »

 

 

Voici la liste des signes rapportés lors de l’arrêt des benzodiazépines:

 D’intensité modérée à sévère, répertoriés dans le rapport de la Haute Autorité de Santé de Juin 2015:

Symptômes d’intensité dite modérée:

  • Perturbations de l’humeur: Anxiété, agitation, nervosité, irritabilité, impatience, tristesse, manque de motivation, humeur changeante.
  • Troubles de la concentration.
  • Maux de tête, transpiration abondante, diarrhée, étourdissements,
  • Faiblesses ou raideurs musculaires, fatigue, léthargie.
  • Insomnie.
  • Perte d’appétit, goût métallique dans la bouche, sensibilité accrue au bruit et aux odeurs.

Symptômes d’intensité dite sévère:

  • Cauchemars, convulsions,
  • Confusion, délire, dépersonnalisation, distorsion perceptuelle,
  • Contractions musculaires involontaires, malaises, mauvaise coordination ou incoordination motrice,
  • Nausées, vomissements,
  • Tachycardie, palpitations, tremblements, vertiges.

Le rapport de la Haute Autorité de Santé précise qu’il s’agit des « signes le plus souvent rapportés lors de l’arrêt graduel des benzodiazépines chez des patients prenant des benzodiazépines depuis plus de 1 an. »

 

5. Liste des somnifères à base de benzodiazépines et apparentés en France: les identifier, pour mieux gérer!

 

A noter: vous trouverez pour chaque somnifère le nom commercial et le nom de la molécule chimique active, ou principe actif, entre parenthèses.

Exemple: Stilnox est le nom commercial donné au principe chimique actif zolpidem. On notera donc: Stilnox (zolpidem).

 

Dans la catégorie des médicaments somnifères apparentés aux benzodiazépines, vous trouverez:

Le Stilnox et les génériques du Stilnox (zolpidem):  il s’agit du somnifère le plus prescrit en France. A compter du 10 avril 2017, et suite à l’arrêté du 7 Janvier 2017, les médicaments à base de zolpidem administrés par voie orale relèveront pour partie de la réglementation des stupéfiants. Ceci notamment en raison du risque de pharmacodépendance.

Imovane et génériques (zopiclone).

 

Dans la catégorie des somnifères à base de benzodiazépines , vous trouverez:

Mogadon et génériques (nitrazépam), Halcion (triazolam), Nuctalon ou ProSom (estazolam), Havlane ou Dormonoct (loprazolam), Normison (témazépam), Noriel, Rohypnol ou Narcozep (flunitrazépam), Hypnovel et Dormicum (midazolam), Noctamide (lormétazépam).

 

D’autres benzodiazépines existent notamment dans la catégorie des anxiolytiques:

Lysanxia (prazépam), Xanax (alprazolam), Lexomil, Lexotan, Anxyrex ou Quietline (bromazépam), Temesta ou Activan (lorazépam), Tranxène ou Noctran (clorazépate), Valium ou Novazam (diazépam), Rivotril ou klonopin (clonazépam), Nordaz ou Calmday (nordazépam), Librax ou Librium (chlordiazépoxide), Serax, Séresta, Serenid ou Serepax (oxazépam), Urbanyl ou Frisium (clobazam), Vératran (clothazepam),

 

sous réserve de changement des noms et d’arrêt de commercialisation.

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