Un somnifère puissant, au delà de 28 jours ? Ne cherchez plus, cela n’existe pas:

Alerte de la Haute Autorité de Santé: Après 4 semaines, même un somnifère puissant perd son efficacité…

Pour laisser place au risque de dépendance et à de véritables dangers pour votre santé. La Haute Autorité de santé renvoie vers d’autres solutions pour trouver le sommeil durablement et bien dormir.

Vous allez découvrir ici :

→  1. Le témoignage de Christelle, insomniaque, et son terrible parcours avec les somnifères à base de benzodiazépines,

→  2. La mise en garde et l’état des lieux, dressé par l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament sur la consommation de somnifères à base de benzodiazépines en France,

→  3. Les recommandations de la Haute Autorité de Santé, institution nationale scientifique indépendante, concernant la juste place des somnifères dans le traitement de l’insomnie, ainsi que les alternatives pour bien dormir durablement.

→ 4.  Guérir de l’insomnie, pourquoi c’est possible naturellement : à ne pas manquer, à la fin de cet article.

 

1/ Somnifère puissant? Le témoignage de Christelle, 3 mois après son arrêt total:

 

Somnifère puissant, au début…Mais Christelle ressent les effets indésirables rapidement:

« J’ai toujours été d’une nature anxieuse, sensible au stress mais aussi en très bonne santé avec une excellente qualité de sommeil. Mais voilà, suite à une accumulation de problèmes personnels, j’ai perdu le sommeil. Épuisée, je vais voir un médecin qui me prescrit des somnifères (Imovane).

[Christelle précise n’avoir été informée ni des effets de dépendance,  ni des effets secondaires].

Je prends donc ma drogue (sans savoir que c’en était) et effectivement c’est très efficace! Mais je ressens rapidement une grande nervosité, des difficultés à me concentrer, je deviens agressive et peu à peu ce sommeil artificiel se détériore« .

 

Christelle augmente les doses et comprend qu’elle est devenue dépendante:

« Je me réveille 4 à 5 heures après la prise et il m’est impossible de me rendormir. Je dois donc augmenter les doses. C’est là que le cercle vicieux s’installe. »

Je vais voir un deuxième médecin qui me dit de tout arrêter. Ce que je fais… Cauchemar. Il m’est impossible de dormir, je suis rapidement prise de gros tremblements dans tout le corps, de palpitations continues, d’acouphènes, de migraines et de nausées… Je ne suis plus moi-même. Je tombe dans la dépression et j’ai des idées suicidaires très graves. Je reprends mes somnifères et comprends que je suis, hélas, dépendante…

 

Christelle vit maintenant le cauchemar du sevrage:

insomnie traitement

Je suis paniquée. On me prescrit des anti-dépresseurs (qui me rendent encore plus malade et que j’arrête immédiatement). Que faire? C’est alors que je découvre la méthode du Professeur Ashton et la nécessité de faire un sevrage lent. J’opte pour la méthode de substitution.

Je remplace mon somnifère par du Lysanxia en gouttes [anxiolytique également de la famille des benzodiazépines]. La substitution se passe bien. Puis petit à petit je diminue mes gouttes très lentement (au début j’enlève une goutte par semaine puis toutes les 2 et 3 semaines).

Chaque diminution amène son lot de symptômes : tremblements, insomnies sévères, palpitations, saignements de nez, problèmes digestifs, fatigue extrême… Malgré tout, je tiens bon et continue mes études. J’arrive à passer tous mes examens et valide mon année.

Mais je vais très mal: je suis totalement dépressive, n’ai plus la force de voir du monde, n’ai plus goût à rien… Mes proches ne me reconnaissent plus. C’est bien-sûr un effet secondaire du sevrage. Je continue malgré tout.

 

Aujourd’hui Christelle est sevrée et n’a « plus aucune attirance pour cette drogue »:

Et 6 mois plus tard: ça y est, je suis sevrée!!! Mon sommeil (qui a été très mauvais pendant toute la durée du sevrage) revient peu à peu. Je fais encore beaucoup d’insomnies, je garde ma tremblote pendant environ 6 à 7 semaines et puis progressivement je me retrouve ENFIN! Je retrouve goût à ma vie, mes idées noires s’envolent, je dors de mieux en mieux, la tremblote s’en va finalement.

Aujourd’hui, je suis sevrée depuis presque 3 mois et je vais bien. Je garde une fragilité plus importante, une contrariété peut encore me donner des crises de tremblements et faire resurgir les insomnies mais cela va en diminuant aussi. Je m’estime guérie. Je n’ai plus aucune attirance pour cette drogue. Ma dépendance a été surtout physique.

J’ai eu beaucoup de chance car je me suis rendue compte de ma dépendance très tôt (au bout de 3 mois). Je voudrais dire à tous ceux qui sont victimes des benzodiazépines qu’on peut s’en sortir, que ça vaut vraiment la peine de se battre même si par moments le sevrage est vraiment atroce. »

[Christelle avait opté pour un sevrage lent par substitution du Lysanxia, anxiolytique à base de benzodiazépine à demi-vie longue, au somnifère Imovane, également à base de benzodiazépine].

 

2/ Somnifères: les chiffres vertigineux, recensés par l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament.

insomnie traitementL’Agence Nationale de Sécurité du Médicament présentait son dernier état des lieux en mars 2014, selon lequel la consommation de somnifères à base de benzodiazépines, ou apparentés, restait toujours très importante :

« Ces médicaments sont trop souvent prescrits et pour des durées trop longues. Les risques anciennement identifiés persistent et d’autres risques apparaissent. »

Or ce sont 131 millions de boîtes de benzodiazépines ou apparentés qui avaient été vendues dans l’année en France, consommées par 11.5 millions de personnes.

« Cela fait vingt-deux ans que j’alerte les autorités, explique Georges Alexandre Imbert, président de l’Association d’aide aux victimes des accidents et maladies liés aux risques des médicaments. Ce sont des drogues dangereuses, prescrites n’importe comment, qu’on rembourse sans rien dire. »

Ainsi, alors que la durée de consommation des hypnotiques (somnifères) est limitée à 4 semaines, l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament constate que la durée moyenne avoisine désormais quatre à cinq mois, avec une proportion importante de patients qui les utilise en continu sur plusieurs années.

 

3/ La juste place des somnifères dans le traitement de l’insomnie, et les alternatives pour bien dormir, selon la Haute Autorité de Santé:

 

Vous allez découvrir ici les recommandations de la Haute Autorité de Santé :

  • D’abord concernant les somnifères à base de benzodiazépines,
  • Puis concernant les somnifères en général et la nécessité d’un « traitement de fond » par des thérapies non médicamenteuses.

 

Les recommandations de la Haute Autorité de Santé concernant les somnifères à base de benzodiazépines et apparentés:

Le constat fait par la Haute Autorité de Santé est le même que celui de l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament:

insomnie traitement« Alors que leur durée de prescription est limitée à 4 semaines pour les benzodiazépines hypnotiques , il est observé que les recommandations d’utilisation de ces médicaments ne sont pas toujours respectées et que leur consommation peut s’étendre sur plusieurs mois, voire plusieurs années. »

 

« Or, AU-DELA DE 28 jours, l’efficacité est incertaine, les risques d’effets délétères augmentent (somnolence diurne, troubles de la mémoire, chutes, accidents, etc.) ainsi que celui de dépendance », précise le rapport le rapport de la Haute Autorité de Santé, publié en Juin 2015, sur l’arrêt des benzodiazépines et médicaments apparentés.

 

> Quelles sont les indications de traitement de l’insomnie par les benzodiazépines et médicaments apparentés?

La Réponse de la Haute Autorité de Santé est très claire, toujours dans son rapport publié en 2015:

« Les benzodiazépines sont limitées aux troubles sévères du sommeil dans les cas suivants : insomnie occasionnelle, insomnie transitoire. »

 

> Quelle est la durée de traitement préconisée?

 

Voici encore la réponse de la Haute Autorité de Santé:

« Quelques jours à 4 semaines, y compris la période de réduction de posologie. »

Et la Haute Autorité de Santé précise encore:

-« Insomnie occasionnelle: par exemple lors d’un voyage: durée de traitement préconisée = 2 à 5 jours.

-Insomnie transitoire: par exemple lors de la survenue d’un événement grave: durée de traitement préconisée =2 à 3 semaines. »

Il est spécifié que ces recommandations sont données sur la base des caractéristiques de ces médicaments somnifères.

 

Concernant les somnifères en général et la nécessité d’un « traitement de fond » par des thérapies non médicamenteuses:

 

> Pourquoi la Haute Autorité de Santé s’est-elle positionnée CONTRE le renouvellement systématique des prescriptions de somnifères ?

 

Encore une fois la réponse est limpide, extraite ici précisément du rapport publié en Juin 2015 par la Haute Autorité de Santé:insomnie traitement

« En juillet 2014, face à l’effet faible des benzodiazépines sur le sommeil, la Commission de la Transparence [organe interne de la Haute Autorité de Santé]  a positionné au plus bas niveau d’intérêt les benzodiazépines hypnotiques et produits apparentés :

estazolam (NUCTALON), loprazolam (HAVLANE), lormétazépam (NOCTAMIDE), nitrazépam (MOGADON), témazépam (NORMISON), zolpidem (STILNOX), zopiclone (IMOVANE) et leurs génériques, dans le cadre de la prise en charge des troubles sévères du sommeil. »

Et de poursuivre:

« La Haute Autorité de Santé s’est positionnée contre le renouvellement systématique des prescriptions d’hypnotiques. Devant toute insomnie autre qu’occasionnelle, la Haute Autorité de Santé recommande que les règles d’hygiène du sommeil soient observées. »

 

> La nécessité d’un « traitement de fond » par des thérapies non médicamenteuses: 

 

 En effet, la Haute Autorité de Santé souligne: « La prescription d’hypnotiques devrait être envisagée seulement en cas d’échec des thérapies non médicamenteuses et pour une courte période. »

Dans un autre rapport d’orientation, publié en Avril 2011 , la Haute Autorité de Santé précise que « les thérapeutiques non médicamenteuses permettent de retarder, voire d’éviter l’instauration d’un traitement médicamenteux« .

Elle précise aussi que ces thérapeutiques non médicamenteuses doivent constituer « le traitement de fond » et  sont « également susceptibles de favoriser le sevrage de psychotropes dont l’usage n’est pas recommandé au-delà de quatre semaines« .

 

Guérir de l’insomnie, pourquoi c’est possible ?

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